Ça faisait longtemps que le circuit bleu du Rocher Fin n’avait pas été entretenu. En effet, bien qu’on entendait parfois durant les réunions de la commission des circuits qui ont lieu de temps en temps, qu’il serait bien de faire quelque chose, personne en fait n’avait l’air de vouloir s’en charger. Sans doute que chacun d’entre nous savait que le travail serait assez long et fastidieux à cause des nombreuses voies impraticables qu’il faudrait rebrosser avec énergie car recouvertes de mousse ou de lichen, sans compter le décapage des nombreux vieux signes et les nombreuses voies abîmées qu’il faudrait aussi réinventer autant que possible. Et puis, le Rocher Fin est tellement loin des parkings, que vu le boulot, l’entreprenant éventuel était assuré de devoir faire de nombreux allers-retours avec ses attributs de peintre en piste sur le dos donc une échelle achetée pour cela. Une heure de marche à pied à chaque fois pour s’y rendre et en revenir. Ce qui devrait faire pas moins de 16 heures de marche en tout.

Malgré ces inconvénients, aussi incroyable que cela puisse paraître, il s’est trouvé un volontaire pour s'y frotter. Probablement un téméraire qui a sans doute pensé qu’il serait bien mieux dans la forêt à réaliser quelque chose que de rester confiné chez lui durant ses jours de repos à cause de la menaçante covid qui infecte les grandes villes. Et, comme je n’ai que ça dans mon emploi du temps, des jours de repos, me sachant sans contrainte de travail, l’intrépide gaillard a eu la généreuse idée de m'inviter pour l’accompagner dans cette modeste aventure au cœur des Trois Pignons : celle de travailler sur une nouvelle mouture du bleu et entretenir dans le même temps les circuits jaune et orange. Programme plus emballant que celui de la télévision de l’après-midi qui me plombe à chaque fois les yeux d’ennui, si la paresse me prend de m'y risquer devant. Et puis, on a toujours des copains qui ne vous disent pas non pour essayer les voies toutes neuves rebrossées du projet quand elles ne sont pas des nouveautés ; ça nous aide pour parfaire l’emplacement des lignes de grimpe et la mise au point globale du circuit, car nous refusons de faire des circuits “fourre-tout” dans lequel le moindre petit bloc dont l'escalade se résume à un rétablissement besogneux trouve place.    

Le 28 octobre 2020, nous annonçons que les circuits jaune, orange et le bleu sont enfin prêt à grimper.  

Voici les détails chiffrés de l'aventure : Trois personnes ont participé aux travaux de reprise des trois circuits. Travaux qui ont nécessité 84 heures de brossage, de décapage, de peintures et à des divers travaux d'écritures “administratives”.

En face de SpokeIl faut reconnaître que la crise sanitaire a engendré un afflux de grimpeurs sur la plus haute falaise de la région parisienne. Nous étions même mal alaise de cette affluence à l’issue du 1er confinement. Mais à Bleau c’était pareil…

Aux Fauvettes, à cette époque les précédentes années nous n’étions plus très nombreux à fréquenter les voies du viaduc.

Mais maintenant, avec les salles qui restent fermées et les déplacements maintenant autorisés en plein air, dans la limite de trois heures quotidiennes et dans un rayon maximal de vingt kilomètres autour du domicile, le viaduc représente une belle opportunité pour les grimpeurs et spéléologues qui habitent à proximité du site. Le week-end dernier s’était de nouveau l’affluence.

Rappelons que cette pratique sportive est autorisée si elle n’est pas collective et si elle n’engendre pas de proximité avec d’autres personnes.

Parallèlement, un gros chantier de coupes d’arbres à l’initiative du SICOVY est engagé et invite à la plus grande prudence. Le SICOVY est toujours le gestionnaire de la Coulée Verte. Sa toute nouvelle Présidente est Nathalie BEAN.

en face du pilier Herr Luc Nous sommes évidemment tous attentionnés à la préservation de notre environnement et toujours en alerte dès qu’un arbre est abattu ; le démarrage d’un gros chantier de coupes s’apparente souvent à un massacre.

Mais nous observons depuis quelques années des chutes brutales d’arbres certainement fragilisés par l’évolution climatologique et l’entretien de ces bois est nécessaire. Dès cet été, nous (l’AVF) avions remarqué des balisages à plusieurs endroits : des repérages pour noter les zones dangereuses pour la pérennité de l’édifice. En effet, de nombreux arbres se sont développés à proximité du viaduc et leurs racines sont susceptibles de le fragiliser.

Cette mise en sécurité nous semble pertinente et le mieux serait de ne pas s’approcher du viaduc pendant toute la durée du chantier. Nous pensons pouvoir bientôt rencontrer les nouveaux élus du SICOVY pour coordonner nos initiatives.

patjuLes Dreï-Zinnen de Bleau n’ont évidemment pas grand-chose à voir avec les Dolomites…

Toujours est-il que ce petit site a été totalement repensé ces dernières années pour offrir maintenant un ensemble harmonieux de circuits. Hormis l’arrivée du parcours bleu (*), les circuits orange et bleu proposent maintenant un ensemble de voies rarement engagées et agréables à parcourir.

En parallèle, un parcours jaune est pré-balisé, en attente de la validation par la commission des escalades bellifontaines. Ce circuit peu difficile est lui aussi bien pensé et il complète heureusement le massif.

La marche d’approche est certes brève, mais l’inconvénient est la proximité de l’autoroute qui parasite bien l’ambiance sonore notamment quand le vent est orienté au Sud-ouest.

Le carnet du site ici, vous permettra de découvrir l’ensemble des voies de ces circuits (un recto-verso, soit 4 feuillets d'A5), mais vous pouvez aussi sélectionner les fiches à l'unité par circuit : Jaune PD, Orange AD+, Bleu D+.

(*) L’arrivée du circuit bleu n’est, techniquement, pas très difficile : La Grande Dalle 3c. Toutefois, c’est aussi la seule possibilité de redescendre de cette tour, tout de même très haute et du coup très engagée.

16 jauneLa Padôle est un joli massif de l'Essonne baptisé initialement en référence au hameau assez proche des circuits.

Mais de fait, ce hameau est situé sur la commune de Mondeville alors que les circuits d'escalade sont à Soisy-sur-Ecole.

Trois sites se distinguent : à l’Ouest, c’est le secteur des Mandarins, tous les parcours des Mandarins ont été entretenus cette année (2020) et ont été très fréquentés après le 1er confinement. Au centre, c'est celui de la Locomotive, un bloc magnifique, haut et très engagé, les parcours ne sont pas bien entretenus. Ces deux secteurs sont en sous-bois et très sauvages, ils sèchent assez lentement. Le bilboquet

 

Plus à l’Est, c’est le secteur des Marches ; il est plus aéré, mais malheureusement souvent fréquenté l’hiver par des motos bruyantes et puantes qui défoncent les sentes et sentiers.Sur le secteur des marches, trois circuits assez courts ont été tracés ; ils ont eux aussi été entretenus cette année:

Un circuit blanc, Facile, qui se prête bien à l’initiation et qui a été tracé initialement pour la pratique des enfants. Les circuits jaune (PD+) et orange (AD+) sont soutenus dans leurs niveaux. En complément, quelques voies hors circuits permettent des escalades de 4c à 6a.

Pour visiter les marches de La Padôle, on peut aisément se référer au carnet  ici qui reprend tous les circuits de ce site.

chasseurLes grimpeurs amoureux des sites naturels d’escalade se confrontent depuis toujours aux chasseurs qui fréquentent parfois les mêmes espaces naturels. Le plus souvent, les rencontres de ces passionnés se passent bien. Sur la plupart des sites d’escalade de blocs, la règlementation coordonne très précisément les temps de chasses et les espaces sont alors balisés. C’est le cas en Seine et Marne des forêts domaniales de Fontainebleau, ou en Essonne de la forêt des Grands Avaux ou de Chamarande.

C’est un peu plus compliqué pour les autres sites ; le plus souvent, les parcelles de terrain sont privées et chaque année les propriétaires sont réunis pour attribuer un droit de chasse aux fédérations locales. Les chasseurs paient ensuite une contribution qui les autorise à utiliser un territoire délimité ; le plus souvent, des panneaux signalent les limites de ces chasses.

femme chasseLa plupart des grimpeurs amoureux des espaces naturels conçoivent ces activités de chasse. Mais tous n’en sont pas convaincus et quelques-uns s'y opposent même parfois assez farouchement. Les chasseurs eux aussi le plus souvent amoureux des espaces naturels, justifient leur activité notamment par la nécessité de réguler les populations animales. La grande majorité d’entre eux sont très respectueux des autres utilisateurs et s’attachent à développer des relations apaisées.

Chez les grimpeurs, comme chez les chasseurs, il doit y avoir la même proportion d’individus qui a beaucoup de difficultés à comprendre les autres communautés… Le CoSiRoc souhaite, depuis longtemps, favoriser ce dialogue apaisé avec les chasseurs.

Dans ce sens et à la suite de la visite du Président du Conseil Départemental de l’Essonne aux Grands Avaux (voir l’article : Les Grands Avaux phare de l’Essonne) une rencontre a pu être organisée dans les locaux du Conseil Départemental de l’Essonne le mardi 27 octobre avec le Vice-Président de la Fédération Interdépartementale des Chasseurs d'Île-de-France., les représentants du département et ceux du CoSiRoc.

Le compte-rendu de cet échange est ci-joint. Les espaces d’escalade en Essonne sont répertoriés sur cette carte.