Le bloc du Bilboquet du Cul de chien est certainement l'un des blocs les plus emblématique de Bleau. Depuis des années, les associations du Cosiroc surveillent l'évolution de sa stabilité qui reste incertaine et interdit son escalade. En effet, la fissure de sa base arrière s’est ouverte avec les années et les vibrations dues « aux évolutions des visiteurs du sommet » nous faisant craindre le pire. En mars 2011, une opération de sauvetage discutée préalablement en Commission Érosion mais un peu improvisée sur place par l’ONF, a finalement donné des résultats significatifs et encourageants. La récente diffusion de l’image réalisée par l’ami Christian de pof@bleau la pose de la plaque rappelant l’interdiction de grimper ce bloc appellent à quelques précisions.

Le but initial et principal de l’opération ONF du 25 mars 2011 était de remonter du sable autour de la base du bloc, ce qui n’avait pas fait l’unanimité en Commission Érosion. En effet, à moins de construire un gros bac à sable, nous estimions que c'était une perte de temps et d’argent, le sable allant forcément de nouveau fluer … ce qui s'est vérifié très vite (4 à 5 mois pour « éroder » le tumulus réalisé).

C’est sur la base des constats du Cosiroc et de Daniel Obert, expert géologue, spécialiste reconnu du stampien, et bleausard de longue date, que nous allons tenter de répondre à la question : « mais comment tient le Bilboquet du Cul de chien ? »

Le bloc du Bilboquet semble quasi homogène, sa partie haute, très belle, étant en extérieur et la basse enfouie dans le sable. Pour prendre une image, ce bloc est un peu comme un iceberg : une masse visible et une masse cachée sous la mer...de sable. Les deux sont vraisemblablement de volume à peu près identique.


 

Schématique du mouvement

image d'origine de Hunza prise en oct 2007

 

 

La géométrie de l’ensemble Bilboquet et du bloc émergeant situé à l’ouest peut très vraisemblablement se décrire comme deux ensembles de grès séparés par une fissure préexistante dont les flancs devaient être quasi jointifs initialement. Les évolutions du substrat sableux, sous des contraintes diverses, dont celle très importantes dues au porte-à-faux du surplomb du Bilboquet ont entraîné son ouverture progressive.  Le mouvement de la partie enfouie du Bilboquet, une sorte de talon, qui à tendance à remonter par un  mouvement de rotation par suite de l’action de la pesanteur sur le surplomb, est heureusement limité vers le haut par l’autre flanc de la fissure, le bord du « Blocouest » que le Bilboquet à tendance à soulever (une des causes, sûrement la plus active, de l’émergence actuelle de ce « Blocouest »). La jonction des deux bords de la fissure dans sa partie souterraine marque le point d'arrêt du mouvement de rotation.

 

Notez que personne n'a signalé l'évolution du surplomb vers le bas mais sa stabilité ne semble pas éternelle (normal aurait dit Newton venant de prendre une pomme en pleine poire !).


La fissure au pied du Bilboquet est donc l'indicateur le plus remarquable de l’évolution de l’ensemble des deux blocs . Le COSIROC avait souligné il y à une quinzaine d’années qu’elle s’élargissait (16 cm de large à cette époque, de l’ordre de 21 cm actuellement).
C'est encore le représentant du COSIROC qui, le 25 mars 2011 a proposé de tenter de verrouiller le mouvement de rotation du Bilboquet en enfouissant profondément (à plus de 70 cm) sous le surplomb un bloc de taille conséquente (représenté en vert). Cette grosse cale sert à éviter tout mouvement de rotation (par frottement) et de translation du bloc par déformation de la couche sableuse (des sondages venaient de révéler qu’il n’y avait que du sable à cet endroit). Les autres petits blocs disposés à l’occasion en surface au pied de l'ensemble ne servent qu'a éviter le creusement du sol par les gosses inconscients du danger...



Cette action a eu pour résultat l’arrêt immédiat de l’évolution de la fissure comme l'attestent les mesures de son écartement. En effet, à la suite de l'opération, des triangles témoins (noirs) ont été peints le 17 juin 2011 ; la FFME les a complété (beaucoup plus tard) par des scellements.
Ils ont permis de vérifier qu'il n'y avait pas d'évolution sensible (en tout cas nettement inférieure au millimètre) de l'ensemble comme Oleg nous le précisait dans notre article du mois de juin. Ce type de mesures est aussi effectué sur les fissures de la platière qui forme le surplomb du Calavaire (voir ici).

Il y a certainement d'autres réalisations possibles pour tenter de stabiliser l'ensemble : la plus simple et la moins traumatisante d’un point de vue paysager semble être d’épauler ou remplacer le bloc enfoui par un autre nettement plus conséquent, opération envisagée lors du 25 mars mais pas rediscutée par la suite.

 

 

 

On pourrait aussi placer un gros « contrepoids » sur le talon du Bilboquet mais l’esthétique de l’ensemble en prendrait un sérieux coup ! Certain (sans s), pas sérieux du tout, a proposé la réalisation d’une colonne dorique à la bleausarde !!

Bien entendu le « problème de la stabilité du Bilboquet » reste l’un des éléments actuels des études de la Commission érosion et vous pouvez compter sur ses membres grimpeurs pour qu’il ne soit pas « oublié ».

Quant à savoir s'il basculera demain ou dans plusieurs siècles, dans l'incertitude, nous avons demandé ces dispositions de prévention et d’information envers le public. Les plus urgentes sont maintenant réalisées et nous demandons à tous de respecter le dispositif et l’interdit !

 

Pour en savoir plus, un petit tour sur le site de la TL²B :

http://latribunelibredebleau.blogspot.com/2012/07/le-bilboquet-enfin-signale-comme.html

 

http://latribunelibredebleau.blogspot.fr/2011/03/faut-il-sauver-le-bilboquet-des-sables.html

http://latribunelibredebleau.blogspot.fr/2011/03/le-biboquet-du-cul-de-chien-suite-mais.html

http://latribunelibredebleau.blogspot.com/2011/06/le-patrimoine-de-la-foret-de.html

http://latribunelibredebleau.blogspot.com/2012/02/lutte-contre-lerosion-lelephant-bientot.html

 

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