Justice bloc sommital 25pcLa Justice de Chambergeot [1]

Ce petit massif des Trois Pignons, un peu excentrique par rapport aux groupes classiques, offre quelques petits chaos avec des blocs souvent de faible hauteur, et une crête rocheuse intéressante qui se termine au sommet du pignon de la Justice dont le magnifique point de vue est bien connu des habitués des 25 Bosses. Le couvert forestier relativement, peu dense, mais qui a progressé ces dernières années, a très fortement atténué le caractère de petite course de montagne (atteindre un sommet par l’escalade d’une arrête dégagée) qui était l’une des originalités de l’ancien circuit. Par contre il permet aux blocs de sécher assez rapidement mais de façon inégale.

 

Pour des raisons de sécurité, bien évidentes lorsque que l’on se trouve à son sommet, le bloc de la Grande Dalle a été équipé :

  • depuis longtemps, de points d’assurage à son sommet, permettant de protéger sa montée par le n°13 et sa descente (n°14) ainsi que plusieurs autres voies de plus haut niveau;

  • très récemment, d’une courte chaîne, pouvant servir de main courante, pour faciliter la descente par le point le moins élevé du bloc, malheureusement sans prises franches et avec une chute évidemment dangereuse. Un saut -S2- permet de l’éviter, ceci à condition d’être à l’aise dans ce type d’exercice[2] .

Justice ambiance du bas 50pc titrePetit historique grimpant

L’escalade a dû y commencer par l’ascension de la Grande Dalle, d’une évidence incontournable pour un grimpeur. Un semblant de circuit (départ sur le n°10 orange actuel), sans continuité et aux blocs éparpillés y a été tracé vers les années 75 prenant certainement la Dalle pour prétexte. S’il comportait le Dièdre Noir et la Vire du Crabe, passages notoires, il se terminait sur le petit bloc riquiqui, juste au sud de l’arrivée actuelle dont, très bizarrement, il évitait soigneusement l’ascension. Quelques passages de niveau nettement supérieur avaient été aussi matérialisés par de grosses flèches vertes.

Le mot d’Oleg: Reprenant la huitaine de voies balisées et en les complétant par beaucoup d’autres, j’y ai tracé en 1977 un circuit jaune PD qui débutait en bas de pente pour se terminer au sommet du pignon. Sa caractéristique essentielle, à part un éventail assez large de difficultés de passage, était que l’on pouvait le parcourir sans poser le pied sur le sable, grâce à quelques sauts et surtout des petits aménagements discrets (blocs ou pavés à moitiés enfouis). C’est la difficulté de réalisation d’un tel « pavage », et aussi pour éviter une zone séchant lentement, que je n’ai volontairement pas intégré quelques beaux blocs situés à l’ouest et à mi hauteur de la bosse, non loin de la Grande Dalle.

Pendant la trentaine d’années qui a suivi, j’ai fait lentement évoluer le circuit en intégrant des passages découverts en explorant systématiquement ses blocs et leurs abords. Toujours avec l’idée directrice de conserver la possibilité d’un enchaînement sans pied au sol mais sans trop me préoccuper de la difficulté intrinsèque de certains pas[3] . Ceci, et le fait que certaines prises se sont quand même polies peu à peu par près de 40 ans d’usage, a entraîné la montée du circuit dans la catégorie AD (assez difficile).

L’évolution de l’ancien circuit du massif, que ce soit par ajout très volontaire de nouveaux passages que par « l’usure » des anciens (polissage) m’a amené à proposer au CoSiRoc de matérialiser, en parallèle avec le circuit traditionnel, un circuit jaune peu difficile. Cela été accepté par la commission des Sites Naturels d’Escalade du 77 et l ‘ONF (la procédure devient complexe) et je suis passé aux travaux pratiques de peinture.

De nombreux intermédiaires de l’ancien circuit sont devenus des numéros du nouveau jaune. Pour privilégier l’enchaînement, certains passages sont, en tout ou en partie, mis en commun entre les deux circuits (avec des numéros différents bien sûr)[4] . Si j’ai simplifié quelques liaisons entre numéros de l’orange (l’ancien jaune), ce dernier circuit peut toujours se parcourir sans mettre le pied sur le sable[5] moyennant un peu d’attention. Il en est de même, à quelques très courtes liaisons près, pour le jaune.

Circuit jaune PD

C’est un circuit de longueur moyenne avec 41 passages numérotés, le 26,2 ayant été ajouté alors que la numérotation était peinte (ce qui fonctionne bien lorsque l’on ajoute une sortie sur une autoroute devrait également réussir pour les circuits d’escalade). Les passages sont en général de faible hauteur avec peu de risque en cas de chute. Une parade sera quand même utile dans la Traversée Aveugle (n°38), pas bien haute, mais dont la pente d’atterrissage est suffisamment longue pour prendre de la vitesse.

Circuit orange AD/AD+

De longueur moyenne comme le jaune (ils sont quasi-strictement parallèles), il est assez inégal, avec des passages de type et de hauteur très variés. Il est conçu pour un enchaînement si possible sans pied sur le sable. Quelques passages sont hauts (n°13 Grande Dalle et 14, descente assez facile mais impressionnante du bloc de la Grande Dalle. Points d’assurage en place au sommet)) et/ou parfois avec des chutes à éviter. Il comporte plusieurs passages à la descente.
Nota : l’ancien circuit descendait l’ex n°16, voie dite du Talon d’Achille (descente de face un peu impressionnante) avec un pas sauté à l’arrivée. Actuellement numéroté 16bis, c’est le passage, peu engageant pour beaucoup, qui permet d’enchaîner réellement l’orange. L’ancien bis, le même itinéraire en sens inverse, a été numéroté 16. Le pas pour se dresser avec le pied dans le trou est assez exposé et une parade efficace peut y être utile.

 

Cotations

 

Dans les tableaux  je n’ai indiqué que la cotation globale du passage (moyenne de plusieurs testeurs). Pour vous permettre d’exprimer votre sensibilité grimpante, vous pouvez y ajouter vos coefficients d’atténuation personnels (-, +, a, b, c, ou tout autre système qui vous agrée). Je pense que la différence entre un 1+ et un 2- (ou 1c et 2a) est souvent fonction de la météo locale, voire nationale, du jour plutôt que d’une difficulté technique réelle, et identifiable (et bien entendu dans ce cas chiffrable par des experts agréés SGDG).

 

 

 

[1] Nommé à tort « Châteauveau » par les grimpeurs dans les années 75. C’est le nom du pignon le plus proche situé à 200 m au sud-est

[2] C’est parce que les sauts me paraissent une composante de l’escalade à ne pas négliger, et peuvent être très plaisants, que j’en ai intégré quelques uns, de difficulté modérée, dans les deux circuits. Coté S1 (difficulté modérée, longueur modérée, point d’appel et de réception sans risque) et S2 (on commence à réfléchir), S0 étant juste un pas sauté, ils permettent de se préparer à de plus amples envols dans d’autres lieux et espaces.

[3] Je préfère nettement une suite de beaux passages variés, à l’éventail de cotation étendu, qu’un ensemble très homogène mais lassant.

[4] Le fait de partager un passage entre circuits de difficulté voisine ne me choque absolument pas si cela amène à proposer une solution de continuité pour l’escalade.

[5] Et ainsi oublier le traditionnel tapis bleausard ….. mais pas le dessablage des semelles !